Nosy-Be
L'île aux parfums ... Océan, soleil, nature et douceur de vivre ...

 

Nosy Be, aussi écrit Nossi-Bé est une île côtière de Madagascar située dans le canal du Mozambique, près des côtes nord-ouest de Madagascar.

Île volcanique d'une superficie de 321 km2, elle se situe dans la baie d'Ampasindava à 8 kilomètres au large de Madagascar. Elle s'étend sur environ 26 kilomètres du nord au sud sur 20 kilomètres d'est en ouest. C'est l'île principale d'un archipel qui comprend les petites îles de Nosy Komba, Nosy Fanihy, Nosy Sakatia, Nosy Iranja, Nosy Tanikely et les archipels des Mitsio et des Radama. L'ensemble constitue un département rattaché à la région Diana.

L'île culmine au mont Lokobe, volcan éteint à 455 mètres d'altitude ; le mont Passot est à 329 mètres de haut.

Son chef-lieu est Hell-Ville, 30 000 habitants (son nom malgache officiel, mais le nom usité est Andoany), située sur la côte Sud, qui possède le port principal de l'île.

HISTOIRE

Peuplée par les Sakalava du Boina au cours des années 1830, l'île de Nossi-Bé devient un endroit important à Madagascar à partir de la fin des années 1830. Le Capitaine d’infanterie de Marine Pierre Passot est chargé par le Gouverneur de Bourbon et Amiral de Hell de chercher un port militaire à Madagascar pour remplacer Port-Louis (Île Maurice), annexé par la Grande-Bretagne. L'expédition arrive à Nosy Be en 1839, à bord de la Prévoyante. Passot, assisté par des marins et un missionnaire (l'abbé Dalmond) choisissent la rade la plus sûre de Nossi-Bé, dans laquelle est fondé un poste militaire, baptisé Hell-Ville en l'honneur du gouverneur de Bourbon.

Passot revient à bord du Colibri en 1841 et prend officiellement possession de Nosy Be et des îles adjacentes. L'île de Nosy Be est donc colonisée 55 ans avant le reste de Madagascar. Nossi-Bé devient alors, au milieu du XIXe siècle, un comptoir commercial important de la côte ouest de Madagascar. À partir des années 1850, les cultures les plantations de rente s'y développent, essentiellement entreprises par des colons réunionnais, mauriciens et français. L'île fait partie avec l'Île Sainte-Marie de Madagascar du gouvernement de Mayotte et compte environ 15 000 habitants vers 1865. Elle est rattachée à Madagascar après la conquête de Madagascar par la France en 1897.

Ainsi, la petite île devient une colonie agricole, recouverte de champs de cannes, d'indigo, de café, mais aussi de sésame, de riz, de maïs, de patates douces et de manioc. Elle récolte les fleurs d'ylang-ylang à partir des années 1910. C'est de cette activité que lui vient le surnom d'île aux parfums. Au cours des années 1920, l'île voit se développer une importante industrie sucrière autour de la ville de Dzamandzar.

AGRICULTURE

Parmi les principales cultures on trouve du café, de la vanille, du poivre, de l'ylang-ylang et de la canne à sucre. Cette dernière mérite une mention spéciale : après avoir connu la « fièvre sucrière » de 1850 à 1890 - dix-huit moulins à vapeur sur l'île, 1 000 ha de plantations - puis une crise due à l'effondrement des cours, sa culture est reprise en 1923 par la Compagnie Agricole et Sucrière : de 40 000 tonnes de cannes en 1932, elle progressera régulièrement (amélioration des variétés, petit train livrant les cannes à l'usine, modernisation du matériel agricole et industriel...) pour traiter, en 1968, 140 000 tonnes de cannes (2 000 ha de plantations) - dont 40 % en apports extérieurs (anciens Domaines La Motte Saint Pierre et Petits Planteurs) - et obtenir une production de 17 000 tonnes de sucre brut. Cette société a toujours préparé du rhum (3 700 hl en 1952, 8 000 hl en 1968), dont une partie, vieillie en foudres de chêne, était exportée.

En 1968, existait toujours le chemin de fer de la canne à sucre avec deux locomotives Porter à vapeur à la cheminée en diamant - typique des locomotives utilisant le bois comme combustible - et 2 Diesel (une de la série TDE des Locotracteurs Gaston Moyse et une Plymouth). Le réseau comportait 25 km de voie ferrée et avait été créé en 1925 par la Compagnie Agricole et Sucrière car les parcelles plantées étaient alors disséminées : le petit train livrait la canne à longueur de journée pendant la coupe (hiver austral) en traversant les collines où voisinaient les plantations d'ylang-ylang et de caféiers…

Au début du XXIe siècle, il ne reste plus grand chose de l'ancienne activité agricole de Nosy Be. La SIRAMA (Siramamy Malagasy c'est-à-dire : « Compagnie sucrière nationale malgache ») a déposé le bilan depuis 2006 et les infrastructures sont laissées à l'abandon. En décembre 2007, la réhabilitation du site a été annoncée, grâce à des investisseurs chinois, afin de retrouver la capacité de production historique, à savoir 16 000 tonnes de sucre et 11 000 hectolitres d'alcool pur par an. Mais le projet n'a pas encore eu de réalisation concrète. Les terres agricoles de la SIRAMA sont désormais progressivement cédées, parcelle après parcelle, et transformées en hôtels ou habitations, hypothéquant définitivement la possibilité d'un redémarrage de l'exploitation agricole de ces terres, activité qui a fait vivre plus de 3 000 personnes sur l'île dans le passé.


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